L’Addiction Aux Statistiques chez les Créateurs de contenu

Aujourd’hui, article un peu spécial. On ne va pas parler de business en ligne spécifiquement mais d’un sujet qui touche beaucoup les créateurs de contenu.

Si vous êtes un blogueur, un youtubeur, un podcasteur, un influenceur sur les réseaux et j’en passe, vous y êtes probablement confrontés en ce moment. Ce sujet, c’est l’addiction aux statistiques : nombre de pages vues et de visiteurs voire de gains générés chez les blogueurs, nombre de commentaires, de likes ou de « watch-time » chez les Youtubeurs etc.

Pour faire simple, c’est le fait de regarder ses stats tout le temps! 

Je ne vais pas vous mentir, j’y suis moi même confronté, et ce depuis plusieurs années.

J’ai fait une recherche rapide et je me suis rendu compte que ce sujet pourtant important est très peu mentionné sur la toile. C’est la raison pour laquelle j’écris cet article. Dedans, je vais vous raconter comment j’y suis tombé, ce que ça fait comme effet au quotidien et les moyens que je compte mettre en oeuvre pour m’en détacher.


Le Début de l’addiction 


Comme toute addiction, ça commence en toute innocence.

Nous sommes en Octobre 2017. Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai lancé mon tout premier blog sous WordPress. Parmi les plugins que j’ai installé figure un certain Jetpack, une sorte de couteau-suisse et probablement le plugin le plus populaire de WordPress.

Parmi les multiples services que propose ce plugin, il y a un compteur de vues. Au début, naturellement je n’y prêtais pas beaucoup attention. Jusqu’à ce jour où je reçois une notification plutôt singulière :

« Bravo, votre site attire beaucoup plus de monde que d’habitude ». 

Intrigué, je consulte donc les statistiques et je constate, non sans joie, que mon blog attire effectivement un petit monde. Et pour cause, mes articles ont commencé à atterrir dans les résultats de recherche de Google.

Machinalement, je me mets donc à regarder le compteur de vues de façon journalière. Je veux savoir quels sont les articles qui marchent et d’où proviennent mes visiteurs.

Très vite, cette consultation journalière glisse doucement vers l’addiction : j’installe l’application WordPress sur mon smartphone et dès que j’ai un petit moment, je consulte mes stats. 

C’en est presque devenu un réflexe. Je consultais mes stats comme certains consultent leurs réseaux sociaux : sans réel but. C’est presque automatique.

Mais le pire est à venir car oui, le blog commençant à attirer du monde, j’ai donc cherché comment monétiser ce traffic. J’ai installé Google Adsense (une régie publicitaire) et je me suis inscrit au programme d’affiliation Amazon.

Et c’est là que tout a basculé.


Le Gouffre de l’addiction


Autant les statistiques de visites, ça faisait plaisir mais sans plus.

Mais lorsqu’un blog, à la base lancé sans aucune prétention, commence par engranger des revenus, c’est toute autre chose.

Je me souviens encore de ma première vente en affiliation sur Amazon : j’avais gagné 14 euros. J’avais explosé de joie, une déferlante de dopamine sans précédent. A ce moment là, je me suis rendu compte que ce n’était plus qu’un simple passe temps : je pouvais en faire mon travail.

Je me suis donc investi plus sérieusement sur le blog, je rédigeais 2 bons gros articles par semaine que je publiai sur le blog et dont je faisais la promotion sur Facebook.

Très vite, d’autres commissions sur Amazon sont tombées. En ce moment là, je pensais que les résultats des chiffres de la journée n’étaient disponibles que le lendemain. Du coup, j’attendais impatiemment la journée suivante et consultait immédiatement mes résultats au réveil.

Je n’y pensais donc plus jusqu’au lendemain.

Puis un jour, lors d’une fausse manip, j’ai réalisé qu’on pouvait obtenir les résultats de nos ventes en temps réel. 

C’était le début de la fin. Je me suis mis à consulter plusieurs fois par heure mes statistiques. Très souvent, il n’y avait rien. Mais de temps en temps, après un rafraîchissement de page, je voyais que j’avais réussi à vendre un produit et donc que j’avais techniquement gagné de sous.

Et ça me rendait heureux, le temps de quelques secondes.

C’est pareil pour Google Adsense. Des publicités étaient diffusés sur mon blog et j’étais rémunéré aux clics. Un clic pouvait survenir à n’importe quel moment de la journée et me faire gagner des sous : allant de quelques centimes à parfois plusieurs euros.

Aujourd’hui encore, je regarde plusieurs fois par jour les statistiques de mes différents business. Lorsque je suis sur mon pc, les onglets de ces pages sont constamment ouverts. Je ne me souviens pas de la dernière journée où je n’ai pas ouvert ces pages au moins une dizaine de fois.

Serais-je devenu un junkie des stats?

Si on en croit la définition de Wikipedia,

L’addiction, dépendance, autrefois assuétude, est l’envie répétée et irrépressible de faire ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire.

Alors oui, je suis devenu, plus ou moins, accroc aux statistiques de mes business.


Pourquoi les statistiques nous procurent-elles autant de plaisir ?


Je me suis donc beaucoup intéressé à la question et j’ai creusé le sujet. Je suis tombé sur quelques articles qui m’ont quelque peu réconforté sur un aspect : je ne suis pas le seul atteint.

54% de tous les éditeurs Google Adsense admettent y être dépendants.

Une récente étude en ligne menée par un petit groupe d’éditeurs Google a révélé que 54% de tous les éditeurs Adsense étaient dépendants du potentiel de revenu de cette régie pub..

Il a également été constaté que certains éditeurs étaient tellement dépendants qu’ils vérifiaient leurs statistiques Adsense jusqu’à 50 fois par jour. (Je ne suis pas loin de ce chiffre).

Google Adsense est un système où les individus qui possèdent des sites Web riches en contenu peuvent gagner de l’argent en plaçant de petites annonces ciblées dans le contenu de leur site Web. Les annonces peuvent être personnalisées pour correspondre au schéma du site Web et certains éditeurs à succès peuvent gagner plus de 200 000 $ par mois.

Les lignes qui suivent proviennent de mes recherches et relatent deux témoignages qui cristallisent assez bien ce problème et par conséquent, ses origines.

Kate, une éditrice a déclaré que sa dépendance a commencé le jour où elle a placé le code Adsense dans le code Html de son blog.

« J’ai été présenté à Adsense par mon petit ami, qui gagne environ 1000 $ par mois ». Elle a poursuivi en disant qu’elle ne blâmait pas Google pour sa dépendance, mais la fièvre dans laquelle les forums et les blogs promeuvent le fait que n’importe qui peut devenir riche avec ce système l’a inspirée à continuer d’ajouter des pages et de vérifier ses statistiques.

David quant à lui, avait essayé de faire de l’argent en ligne depuis environ 6 ans et à ce jour n’avait pas rencontré de grand succès. Mais il avait 3 sites Web qui comptaient des milliers de visiteurs et après avoir lu tout ce qu’il pouvait sur le sujet, David a placé 2 petites annonces Adsense sur chaque page de son site Web de 1 000 pages.

« Je n’ai pas dormi cette nuit-là. J’étais tellement excité, j’ai vérifié mes statistiques toutes les 10 minutes toute la nuit », a-t-il déclaré. Juste au moment où il était sur le point d’aller se coucher, David a fait sa dernière vérification des statistiques. « Il était 5h50 exactement et j’ai failli tomber de ma chaise. 1000 impressions, 98 clics et un revenu total de 18 $. Je n’ai pas pu dormir ce jour-là alors que je vérifiais mes statistiques toutes les 15 minutes et que je regardais le revenu augmenter à plus de 58 $ pour la journée. J’étais accro à ce truc, ce plan allait me rendre riche et je n’allais pas en manquer une minute « , a déclaré David.

David était passé de 32 $ sur son compte bancaire à plus de 6 700 $ en seulement 51 jours. Il avait vérifié ses statistiques en moyenne 60 fois par jour et avait passé plus de 612 heures pendant ces 51 jours à optimiser ses sites et à ajouter du contenu. David a également admis, tout comme Kate, qu’il avait dépensé une bonne partie de ses bénéfices pour acheter des livres, mais a déclaré que c’était de l’argent très bien dépensé.

Ces témoignages ainsi que ma propre expérience m’ont permis de dégager une théorie.

Les statistiques, c’est comme une machine à sous au casino.

Chaque fois que vous consultez vos statistiques, c’est comme si vous jouez à la roulette. Vous ne savez pas à quoi vous attendre. La plupart du temps, vous n’y gagnez pas grand chose mais de temps en temps, vous décrochez le gros lot et vous recevez un énorme shot de dopamine.

C’est comme sur l’image ci-après. Parfois j’actualise juste ma page et je réalise que j’ai gagné presque 150 euros. C’est assez fort comme sentiment et une fois accro, il est très difficile de s’en détacher.

Naturellement, vous voudriez à nouveau ressentir ce plaisir et vous continuerez de jouer à chaque fois que vous en aurez l’occasion.Bravo vous êtes addict ! 


Comment et pourquoi s’en défaire ?


Si vous êtes à fond dans ce délire, vous essayez probablement de dédramatiser la solution.

Vous vous dites sûrement « Et alors, je gagne ma vie avec?« .

Eh ben, laissez moi vous expliquer en quoi c’est malsain.

Lorsque vous consultez vos stats, vous ne produisez rien. 

Consulter vos statistiques chaque demi-heure ne va pas les faire augmenter pour autant. Vous n’obtiendrez pas plus de likes, ni de sous, ni de commentaires parce que vous êtes tout le temps câblé sur vos tableaux de bord ou sur vos réseaux.

Donc que vous les regardiez ou non, vous obtiendrez le même résultat. Donc plutôt que de les regarder une cinquantaine de fois la journée, consultez les une fois, en début de journée pour vous donner la pêche ou en soirée, pour égayer votre nuit. C’est amplement suffisant.

Le temps que vous perdez à rechercher vos petits shoots de dopamine serait beaucoup mieux utilisé à créer du contenu qui lui aura bel et bien un impact sur vos statistiques.

De plus, cette manie peut avoir un effet négatif sur votre mental (mindset comme disent les américains). Il y aura des jours où vous ne gagnerez rien où ferez des chiffres bien en deçà de vos standards habituels.

Vous aurez refresh toute la journée pour ne voir aucun changement notable et vous aurez ruiné votre humeur inutilement.

Enfin, vous développez des réflexes qui vous feront énormément souffrir le jour où votre business s’écroulera. Je ne vous l’espère pas mais cela peut arriver. Vous ne gagnerez plus rien mais vos réflexes eux seront toujours là.

Je pourrai vous citer des tas d’autres raisons mais je préférai m’attaquer au comment, car si vous êtes ici, c’est probablement que vous ressentez le côté malsain de la chose.

Concernant le comment, certains arrivent à s’en détacher sans rien faire, en laissant passer le temps. Au début, ça les excite mais ensuite, ça repart comme c’est arrivé. Pour ma part, je n’ai plus cette addiction aux statistiques de visites journalières. Savoir quels sont mes articles phares ni d’où viennent mes visiteurs, par quels mots clés etc, ne m’intéresse plus. Je suis tout simplement passé à autre chose.

Mais mon addiction pour Adsense et tout ce qui touche aux revenus demeure et ce depuis un peu trop longtemps.

Voici ce que je compte faire pour m’en débarrasser :

 1/ Supprimer toutes les applis de mon téléphone qui me permettent de consulter mes stats : Google Analytics, WordPress, Google Adsense etc.

Le téléphone, je l’ai tout le temps sur moi même et je suis souvent tenté de le déverrouiller pour consulter mes stats. Je passe généralement par les apps, bien plus pratiques. En les supprimant, j’efface un énorme trigger, ce qui devrait réduire ma fréquence de consultation.

2/ Me déconnecter de mes sessions après consultation.

A chaque fois que je consulte mes stats, je ne me contente pas de laisser l’onglet. Je me déconnecte de ma session et ferme l’onglet. Cela veut dire que chaque fois que je voudrai consulter mes stats, ce sera moins pratique car il faudra une étape supplémentaire. Mentalement, le fait de voir la page de connexion me rappellera à l’ordre.

3/ M’auto-discipliner 

Forcément, je vais devoir faire intervenir ma force de volonté, sans quoi, tout cela serait inutile. A partir d’aujourd’hui, je vais m’engager à ne consulter les stats que quand c’est nécessaire. En gros, très rarement. Une fois par jour est une fréquence raisonnable.

Voici donc les 3 actions que je vais entreprendre afin de m’en débarrasser.

L’article étant déjà bien assez long, je vais m’arrêter ici pour le moment.


Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

J’actualiserai probablement cet article dans quelques mois afin de partager avec vous cette expérience. Je pense y arriver. Et je pense que vous aussi.

Si vous avez déjà traversé cette épreuve, dites le nous en commentaire en précisant comment vous vous en êtes défait.

A très bientôt,

Afro-Hustler.

 

 

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